logo-mini

Qubogas

Vous connaissez ce principe selon lequel on ne voit jamais deux fois le même paysage ?

Vous connaissez ce principe selon lequel on ne voit jamais deux fois le même paysage ? Il s’applique à merveille à l’œuvre de Qubo Gas. Regardez l’une de leurs réalisations. N’importe laquelle. Regardez-la bien parce que vous ne la verrez plus jamais. En tout cas pas comme vous l’avez vue à cet instant précis.

Qubo Gas. Un nom à coucher dehors pour une entité née en 2000 et dotée, depuis 2010 et le départ de Laura Henno, d’une double personnalité. Jef Ablézot et Morgan Dimnet sont aujourd’hui les deux cerveaux cultivant le processus créatif entamé il y a 16 ans, à la sortie de leurs études. De quoi Qubo Gas est-il donc le nom ?
C’est la beauté évidente de leurs paysages baroques qui frappe au premier coup d’œil. Une beauté naturelle, persistante et colorée, imprimant la rétine. Une ritournelle visuelle. Voilà, c’est çà. Comme une petite musique familière que l’on fredonne sans y penser, les œuvres de Qubo Gas, une fois rentrées dans votre champ visuel, ne vous quittent jamais tout à fait.





La musique, d’abord. Elle est une composante omniprésente, des origines du collectif, lorsque celui-ci s’attachait à habiller visuellement les créations de leurs potes musiciens, jusqu’aux noms donnés à ses œuvres – des titres de morceaux qui les inspirent. Chaque réalisation est une mise en image d’un univers musical, d’un tempo propre. Comment ne pas voir dans ces larges fresques murales comme des portées, une partition spontanée, une fugue éthérée cherchant à donner corps à l’impalpable ? En résumé la traduction visuelle d’un certain rapport à l’espace et au temps, dimension accentuée par le travail sur le plan et la profondeur.

Le dessin, ensuite. Chez Qubo Gas, tout passe par lui. Le collectif défend une approche artisanale. L’héritage issu de la tradition de l’estampe est assumé. Tout part du trait, base du dialogue créatif qu’entretiennent les deux acolytes. L’un travaille à la plume, avec minutie, dessinateur contraint revendiquant le besoin de structure. L’autre, plus prolifique, lui répond par le geste, au feutre ou à l’à-plat, avec la liberté du peintre. Chacun influence l’autre, provoquant parfois une inversion des rôles. De cette conversation complexe émerge une sensibilité unique, une poésie particulière, bref une petite musique – on y revient – propre au duo.



Reflet d’une génération curieuse, butinant au gré d’inspirations diverses, l’œuvre de Qubo Gas parvient à construire, à son rythme et avec une certaine obstination, un univers à la fois abstrait et naturel. Un paradis végétal et minéral qui semble chaque fois s’enfuir du cadre. Ces gens-là sont des poètes et leur petite musique touche à l’intemporel. 
Regardez bien leurs paysages parce que vous ne verrez jamais deux fois le même. Regardez-les bien car parfois, vous les entendrez.

Partager